VINGT
Renoncez à l’étude
Et vous connaitrez la paix.
Entre oui et non
La frontière est bien mince.
Le bien et le mal sont entremêlés.
La peur qu’éprouve
Le commun des mortels
Ne doit pas effleurer votre cœur.
Les hommes courent
Aux festins de la vie.
Ils cueillent les fleurs du printemps,
Du printemps qui annonce la vie.
Mais moi seul reste calme,
Etranger au tumulte,
Comme le nouveau-né
Qui n’a pas encore souri.
Je suis seul.
Immobile.
Je parais démuni de tout,
Je parais ignorant,
Je parais abandonné,
Sans but, sans logis.
La multitude s’affaire
A accroitre ses biens.
Moi seul ne possède rien.
L’homme de la foule
A des idées sur tout.
Moi seul hésite.
L’homme de la foule
Est actif, efficace.
Seul,
Je reste immobile.
Je regarde sans voir.
Mes pensées, égarées,
M’échappent pour danser,
Dans les nuages et le vent,
Parmi les vagues de l’océan.
La multitude des hommes s’affaire,
Réalise,
Construit.
Je demeure absent,
Délaissé,
Inutile.
Et pourtant,
Mes haillons cachent
Le plus grande des richesses.
Seul,
Je diffère des autres.
Je suis l’enfant
De la Mère universelle.
L’enfant du Tao.
LAO-TSEU




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